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Fiche méthodologique n° 1: La transcription d’entretiens en sciences sociales

Comment transcrire un entretien dans le cadre d’une enquête empirique en sciences sociales ? Comment restituer fidèlement le propos de l’interviewé, la teneur de l’interlocution avec l’intervieweur tout en rendant lisible le résultat final ? Quel degré de finesse dans la restitution convient-il d’adopter ? Voilà autant de questions auxquelles cette fiche méthodologique entend répondre. Celle-ci est construite en six parties.

Une première partie aborde les différents outils – logiciels et matériels – à la disposition du transcripteur pour lui faciliter le travail et réduire le temps consacré par entretien: logiciels de traitement de texte (Libre Office) et de lecture audio, pédaliers de transcription, logiciels de transcription (comme Sonal ou Transcriber), logiciels de reconnaissance vocale (Dragon, Express Scribe, Vocals) ou encore dispositions de clavier alternatives comme Dvorak ou Bépo.

Une seconde partie, très pratico-pratique, vise à répondre à des questions : où dois-je enregistrer mes fichiers sur mon disque dur ? Dans quel format ? Sous quel nom ? Le nommage des fichiers de transcription en particulier révèle, on le verra des enjeux pratiques mais aussi méthodologiques non négligeables.

Une troisième partie vise à présenter les applications concrètes du principe de restitution fidèle de la parole de l’enquêté: doit-on corriger les fautes? Comment rendre compte des hésitations?

Une quatrième partie propose un code typographique qui reprend pour l’essentiel les normes typographiques françaises en vigueur mais en les adaptant à la spécificité de la transcription d’entretien. Comment écrire et utiliser la ponctuation, les parenthèses, les phatiques et onomatopées, les sigles, les majuscules ou encore les guillemets pour restituer ce qui est dit.

Une cinquième partie porte sur la mise en page des transcriptions d’entretiens: insertion d’une notice de présentation du contexte d’entretien, utilisation d’une feuille de style, identification des énonciateurs ou encore insertion de paratextes pour enrichir la compréhension du contexte de l’entretien et donc du sens des énoncés seront ainsi abordées.

Une sixième et dernière partie, enfin, propose quelques réflexions et conseils pratiques sur l’opportunité et la manière de réaliser une seconde version de la transcription, lissée afin d’en faciliter la lecture et l’analyse.


Cette fiche méthodologique est disponible gratuitement et en ligne sur l’archive ouverte HAL-SHS. Pour y accéder, veuillez cliquer sur ce lien: https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01339474/document


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Fiche méthodologique n° 1: La transcription d’entretiens en sciences sociales de Thibaut Rioufreyt est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.thibaut.rioufreyt.fr/2016/06/28/fiche-methodologique-n-1-transcription-dentretiens-sciences-sociales/.

Connaître la politique des éditeurs en matière de dépôt des publications scientifiques : les portails Héloïse et Sherpa/Romeo

Vous souhaiteriez déposer une de vos publications scientifiques sur une archive ouverte comme HAL-SHS, le Social Science Research Network (SSRN) ou arXiv.org mais vous ne savez pas si vous en avez le droit vis-à-vis de votre éditeur et, si oui, quelle est la durée de la période d’embargo avec le dépôt ?

http://corist-shs.cnrs.fr/sites/default/files/heloise.jpg

Pour connaître la politique éditoriale de la revue scientifique dans laquelle vous avez écrit ou de l’éditeur qui publie votre ouvrage, le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe) en relation conventionnelle avec le SNE (Syndicat national de l’édition) et la FNPS (Fédération nationale de la presse spécialisée) ont mis en place un outil très pratique : le portail Héloïse. Il s’agit d’un service d’information sur les politiques des éditeurs en matière de dépôt des articles. Ce service de gestion et de consultation concerne uniquement les dépôts sur les sites des scientifiques eux-mêmes et des institutions scientifiques.

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Autre service très pratique, le portail SHERPA/RoMEO est produit par SHERPA basé à l’Université de Nottingham ; il recense les politiques des revues scientifiques en matière de copyright et d’auto-archivage. La base de données utilise un code couleur pour catégoriser les éditeurs en fonction de leur politique d’accès et de dépôt des publications. En consultant la base de données, vous pouvez savoir si une revue permet à l’auteur d’un article d’en publier une version (preprint, version finale ou postprint) et si oui, sous quelles conditions (plate-forme de diffusion, délai d’embargo, etc.).


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Connaître la politique des éditeurs en matière de dépôt des publications scientifiques : les portails Héloïse et Sherpa/Romeo de Thibaut Rioufreyt est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Nouveau tutoriel dépôt publications dans HAL, CCSD

HAL est une plate-forme ouverte destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. On ne peut que soutenir cette initiative libre qui permet aux chercheurs de pouvoir archiver de manière pérenne leurs publications sans en être dépossédés.

Le CCSD (Centre pour la communication scientifique directe / CNRS)  vient de créer un nouveau tutoriel  pour  aider les chercheurs et enseignants-chercheurs à déposer leurs publications dans HAL. Ce nouveau tutoriel très visuel et bien documenté est plutôt destinée à aider aux dépôts de publications. Cependant, il peut être utilisé pour vous aider à déposer les références de vos publications, également appelées « métadonnées » dans le tutoriel. Vous le trouverez ici:  http://www.slideshare.net/OAccsd/dposer-dans-hal-mode-demploi

Formation « Le marqueur, le ciseau et le tube de colle version 2.0. Formation à deux logiciels d’aide à l’analyse qualitative : Atlas.ti et Sonal », ENS de Lyon, 16 octobre 2015

J’organise un atelier d’initiation à deux logiciels d’aide à l’analyse qualitative intitulée : « Le marqueur, le ciseau et le tube de colle version 2.0. Formation à deux logiciels d’aide à l’analyse qualitative : Atlas.ti et Sonal ». Cette session est organisée dans le cadre des Ateliers des pratiques numériques (APN), co-organisés par par les laboratoires lyonnais suivants : le Centre Max Weber (UMR 5283) / Environnement Ville Société (UMR 5600) / Triangle (UMR 5206), le LARHRA et HiSoMA. L’atelier aura lieu le 16 octobre 2015, de 14h à 18h, en salle R253, à l’ENS de Lyon (site Descartes).

Présentation de l’atelier

Derrière le vocable un peu bizarre de CAQDAS (computer-assisted qualitative data analysis software), existe toute une série de logiciels d’aide à l’analyse qualitative. Encore peu utilisés en France, ces outils peuvent s’avérer extrêmement utiles depuis le traitement des matériaux (la transcription des bandes son) jusqu’à leur analyse (via la création de catégories interprétatives qui peuvent se recouper) en passant par toute une série d’opérations (annotation, création de liens entre les documents, etc.) Cette formation vise moins à apprendre à utiliser tel ou tel logiciel qu’à donner une série d’informations pratiques et surtout de réflexions méthodologiques permettant à ceux qui seraient intéressés d’y voir plus clair avant de se lancer. La première partie de l’atelier sera consacrée à répondre à quelques grandes questions, suivant une réflexion problématique progressive :

  1. Est-ce qu’un CAQDAS est l’outil le plus adapté à la problématique qui est la mienne et au corpus que j’ai construit ? Les logiciels de statistique textuelle (analyse automatique) ou d’analyse par registre (analyse semi-automatique) ne seraient-ils pas plus adaptés ?
  2. Si c’est effectivement le cas, est-ce que cela vaut le coup ? La question ici n’est plus de savoir si cela me servirait mais de mesurer le rapport entre ce que ça peut m’apporter et ce que cela exige de moi. Les CAQDAS sont d’un usage relativement simple, ce d’autant plus qu’ils ont été conçus pour la plupart à partir des pratiques de travail des chercheurs qualitatives, voire par ces derniers eux-mêmes. Il y a néanmoins un coût d’entrée à la fois pratique pour l’apprentissage du logiciel et intellectuel pour penser son usage et se l’approprier.

Une fois ces deux grandes questions liminaires posées, une fois actée la décision de recourir à un CAQDAS, un nouveau problème se pose à l’apprenti-utilisateur : quel logiciel choisir ? Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? Cette étape est malheureusement trop souvent impensée et le choix se fait le plus souvent selon l’opportunité qui se présente ou la facilité avec laquelle on peut se le procurer. Choisir untel plutôt qu’un autre n’est pas anodin. De là deux questions qu’il convient de se
poser :

  1. Quel est l’outil le plus adapté à mes moyens ? Moyens financiers dans la mesure où, parmi les CAQDAS, les logiciels propriétaires sont d’un coût à l’unité relativement élevé, en tout cas trop cher pour bon nombre de précaires. Moyens linguistiques également dans la mesure où, dans certains cas, le tutoriel comme l’interface ne sont pas disponibles en langue française.
  2. Quel est l’outil le plus adapté à mes besoins ? Les CAQDAS forment une grande famille parmi laquelle les logiciels ne font pas tout à fait la même chose, ne reposent pas tout à fait sur la même épistémologie embarquée. À cet égard, il convient de se prémunir contre la présentation commerciale de certains de ces outils qui, étant d’abord des produits à vendre sur un marché concurrentiel, prétendent tout faire et ne pas avoir de préférence méthodologique ou théorique.

Au terme de cette réflexion problématique, la deuxième partie de la formation visera à entrer cette fois dans l’utilisation de deux CAQDAS : Atlas.ti et Sonal. Il ne s’agira pas d’une formation technique pour apprendre à utiliser ces logiciels mais de se faire une idée plus précise de leurs fonctionnalités et de leur application à des questions de recherche. Non pas comment utiliser le logiciel mais comment je pourrais l’utiliser pour répondre à tel problème de terrain ? Sur la base d’exemples tirés d’enquêtes empiriques réalisées ou en cours, il s’agira de montrer l’usage respectif d’Atlas.ti et Sonal pour l’analyse qualitative d’entretiens, sous leur forme transcrite pour le premier,
à partir directement de l’enregistrement sonore pour le second, mais aussi les vertus qu’il y a à combiner dans une même enquête ces logiciels.

Atlas.ti permet de centraliser et de traiter toutes sortes de documents tapuscrits : des notes de terrains, des retranscriptions d’entretiens, des notes de lectures ou de séminaires, des éléments bibliographiques, des récits intermédiaires, des textes de communication, etc. Nous reviendrons sur quatre des vertus principales de ce logiciel dans leur traitement :

  1. coder les extraits de documents, c’est-à-dire leur attribuer des étiquettes liées à des
  2. catégories d’analyse
  3. permettre une gestion et une navigation facile et rapide entre les documents ;
  4. aider à la conceptualisation, à travers la création et la visualisation de liens et de
  5. regroupements entre les codes
  6. annoter ses hypothèses, idées, débuts d’interprétation de apssages à travers la création de mémos

Sur le plan du codage et de la navigation dans les résultats, Sonal s’apparente largement à ce que propose Atlas.ti, à deux exceptions près. D’une part, le travail de codage repose sur des « thématiques » et des « mots clés » et non sur des « codes ». On est donc plus dans une logique d’indexation thématique ou de chapitrage que dans une logique de codage à proprement parler.

D’autre part, la segmentation des matériaux est d’abord pensée pour s’opérer sur la bande sonore plutôt que sur le texte (même s’il est également possible de le faire sur le texte seul). On « découpe » la bande (ou le texte) en « extraits » qui, si on leur associe une thématique, sont représentés par des marqueurs colorés « collés » sur la bande. Un peu comme si l’on utilisait des feutres marqueurs directement sur la bande.

Dépôt numérique des publications et des données de la recherche – Tutoriels INIST

Si cela peut paraître très technique ou très lointain à certains collègues, la question de l’archivage numérique pérenne et de la mise à disposition en ligne des données d’enquête doit être posée. Soit la communauté scientifique s’investit dans ce débat, s’approprie ces outils et pense leurs usages pour améliorer nos pratiques de recherche, partager nos savoirs, sauvegarder le patrimoine scientifique. Soit elle se verra imposer de l’extérieur des normes contraignantes qui auront des effets très directs sur notre travail, que ce soit par les institutions politiques ou bureaucratiques, soit par les groupes privés qui, comme les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), orientent déjà très largement nos pratiques numériques. À la fois parce que le « tournant numérique » peut être une vraie chance pour les sciences sociales et parce que de réelles menaces d’hétéronomie pèsent sur elles à travers la question numérique, Il s’agit donc par ce billet de contribuer à nourrir la réflexion et à donner les ressources pour s’approprier certains outils mis à disposition de la communauté scientifique.

Pour accompagner les équipes de recherche qui soumettent un projet dans le cadre d’Horizon 2020, l’Inist-CNRS propose une série de tutoriels multimédias sur le libre accès aux résultats de la recherche : http://www.inist.fr/?-Tutoriels-multimedias-H2020-. Le premier tutoriel aborde les principes généraux de dépôt des publications et données de la recherche dans le cadre d’Horizon 2020. Les cinq autres tutoriels détaillent la rédaction d’un DMP (Data Management Plan), c’est-à-dire plan de gestion des données et un tutoriel explique le dépôt des données de recherche dans un entrepôt.