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Bienvenue sur le site personnel de Thibaut Rioufreyt, chercheur post-doctorant en science politique à l’Institut de Sciences Politiques de Louvain Europe (ISPOLE) de l’Université catholique de Louvain (UCL).

Mes travaux portent principalement sur les partis politiques de gauche français (Parti socialiste, Parti communiste français) et européens (Parti travailliste britannique), la socio-histoire des intellectuels et de l’expertise et l’histoire sociale des idées politiques. Je m’intéresse tout particulièrement à la circulation des idées néo-libérales aussi bien dans les principaux partis socialistes européens que dans l’élaboration des politiques publiques. Mes recherches portent également sur les processus de dévaluation de la place des idées et des intellectuels dans les partis politiques. Enfin, je mène par ailleurs une recherche sur l’émergence de la notion d’ethnicité dans les sciences sociales françaises.

Partager mes travaux pour nourrir le débat scientifique et politique

Ce site a pour vocation première de rendre accessibles mes publications à tous ceux que cela pourrait intéresser – collègues universitaires mais aussi militants, journalistes, citoyens – et à les informer sur les événements que j’organise ou auxquels je participe sur mes thématiques de recherche. Il s’agit ainsi de nourrir le débat scientifique mais aussi politique sur des sujets qui nous concernent tous, comme la conversion d’une partie de la gauche à certaines thèses néo-libérales ou la dévalorisation de la production doctrinale et du débat idéologique dans les partis et, plus largement, dans le débat politico-médiatique. Bien sûr, mes travaux ne sont qu’une modeste contribution. Tout comme le mode d’intervention que constitue un site Internet personnel ne saurait suppléer à la création d’intellectuels collectifs. Mais cette approche qui est la mienne ici peut et doit être comprise dans une perspective plus générale.

Autonomie de la science ne signifie pas repli sur soi universitaire. Les sciences sociales peuvent et doivent à mon sens participer au débat public. Non pas du point de vue surplombant, zénithal, du sachant, de l’expert, du sociologue ou de l’économiste-Roi, mais davantage celui du traducteur, du médiateur, de celui qui est capable de faire passer les idées entre des mondes qui s’ignorent, capable, aussi, de décrypter les langages du pouvoir et de dénaturaliser le bon sens, grossier par son évidence. Dans cette perspective, les sciences sociales restent encore très attachées au papier, à la matérialité du livre et de la revue. Et lorsque ces derniers sont électroniques, leur accès en ligne est bien souvent restreint par la logique de privatisation des revues scientifiques par certains groupes d’édition internationaux comme Reed Elsevier – devenu RELX Group en 2015, Wiley Blackwell, Taylor & Francis, ou Springer. Si les sciences sociales ne veulent pas se voir imposer de l’extérieur de nouvelles normes concernant l’archivage numérique ou la mise à disposition des données, elles doivent s’emparer de ces questions et formuler leurs propres positions. C’est tout le sens du mouvement d’open edition qui prend de l’ampleur ces dernières années. Par ailleurs, on ne peut pas déplorer la dévaluation des sciences sociales dans notre société et ne rien modifier de nos modes d’intervention publique. Nombre de citoyens se renseignent désormais essentiellement par le médium du web, pour le meilleur et le pire. Dans cette perspective, à mon échelle, créer mon site, c’est une réponse locale, limitée mais présente pour reconnecter social et sciences sociales.

Rendre accessibles différents supports pédagogiques

Ce site vise également à donner accès à un certain nombre de textes, plans et fiches pédagogiques pour les étudiants qui suivent mes cours. Mais il peut également aider d’autres collègues enseignants pour l’élaboration de leurs cours, comme cela fut le cas pour moi, ou d’autres étudiants demandeurs, par exemple, de tutoriels pédagogiques pour réaliser tel ou tel exercice (exposé, note de synthèse, etc.). Nous sommes à une époque où l’éducation populaire est devenue une expression désuète, référant à un siècle qui n’est plus ou à des mouvements qui peinent à se renouveler. Pourtant, le projet auquel renvoie ce label reste d’actualité. Les Universités populaires connaissent un certain succès, même si trop souvent encore les formes et les modèles issus du monde académique sont transposés tel quels dans ces lieux et que les publics sont rarement aussi populaires que souhaité. Par ailleurs, si cette formule ne fait pas forcément sens pour eux, nombre de militants du logiciel libre, d’acteurs des Fab-lab, d’associations écologistes, pratiquent et renouvellent à leur manière l’éducation populaire. C’est pourquoi, si seuls des supports pédagogiques assez classiques sont pour l’instant disponibles sur ce site, des cours enregistrés destinés à un public plus large devraient progressivement être mis en ligne. Il s’agira ainsi de partager le savoir qui est le mien – celui d’un politiste ouvert à l’histoire, la sociologie et la philosophie – pour éclairer un certain nombre d’enjeux et de processus politiques contemporains.

Mettre à disposition les rapports de recherche et fiches techniques/méthodologiques

Ce site a enfin pour objectif, à terme, de mettre à disposition de la communauté scientifique mes rapports d’enquête dans lesquels je reviens sur la manière dont j’ai menée chacune de mes enquêtes. Il s’agit ainsi d’articuler une logique d’open access non pas seulement des données de la recherche mais du contexte qui a présidé à leur production et d’une logique de falsification/vérification du travail scientifique. Certaines maisons d’édition ont compris le rôle que peut jouer Internet en mettant à disposition en ligne les annexes méthodologiques qui n’ont pu être insérées dans la publication. Dans cette perspective, ce site peut être un utile complément à mes publications en rendant disponibles les rapports de recherche. Donner à voir la cuisine interne de la recherche, c’est prendre un risque. Exposer les manières très concrètes de collecter ou d’interpréter les données, c’est s’exposer soi-même. Pourtant, c’est ce risque qu’il nous faut prendre pour que la cumulativité et la réflexivité ne soient pas des mots qui chantent plus qu’ils ne parlent (Paul Valéry).

Les méthodes de recueil/production des données font l’objet de manuels et d’enseignements et donnent lieu à des indications plus ou moins détaillées dans les publications. En revanche, les méthodes par lesquelles les chercheurs interprètent et traitent leurs données constituent le plus souvent une « boîte noire », si bien que les lecteurs manquent des éléments qui leur permettraient d’apprécier comment le chercheur est parvenu à ses conclusions et éventuellement de discuter leur pertinence. Ce problème trouve sa source dans plusieurs facteurs. L’économie générale formelle d’un livre ou d’un article, les logiques propres au champ éditorial, tout cela concourt à réduire la dimension méthodologique, voire technique, de l’enquête à la part congrue et/ou à la reléguer en annexes sous forme très synthétique. Parallèlement, les évolutions que connaissent le champ académique sont telles qu’il n’est pas forcément dans l’intérêt d’un chercheur de trop s’exposer en mettant à disposition la manière dont ils s’y est pris pour produire et interpréter les résultats. Et s’il le fait, il a tout intérêt à omettre ou minimiser les échecs, les erreurs, les aller-retours, les bifurcations qui pourtant font partie du processus même d’investigation. L’individualisation de la carrière académique, qui accroît un peu plus encore l’importance de la réputation et de la crédibilité dans l’avancement, la précarisation d’une partie importante du personnel de l’enseignement supérieur et la pression croissante de l’évaluation et des injonctions à la rentabilité de l’investissement dans la recherche amènent ainsi à masquer de plus en plus ces difficultés. Pour forcer le trait, on pourrait dire qu’entre la réputation d’« excellence » et la réflexivité, il faut désormais choisir. L’objet même de ce site dit pour laquelle des deux options j’ai opté.

Seront mises également en ligne différentes fiches méthodologiques et techniques sur différents outils, méthodes que j’emploie et qui peuvent être utiles à d’autres chercheurs pour leurs propres recherches. Il s’agit ici de partager des savoir-faire en privilégiant, autant que c’est possible, les outils gratuits et libres.

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