Archives par mot-clé : CAQDAS

Webinar Tuto@Mate sur les logiciels de transcription, 3 juillet 2018, 14h-16h30

Thibaut Rioufreyt est Post-doctorant en science politique, Centre de science politique et de politique comparée (CESPOL), Université catholique de Louvain (UCL).

La transcription des matériaux d’enquête (entretiens, focus groups, enregistrements d’observations…) est une activité centrale de la recherche qualitative. Les publications et manuels sur la manière de transcrire sont désormais fort nombreux. Cependant, la plupart néglige encore largement l’usage de logiciels pour ce faire ou se restreignent à quelques-uns d’entre eux. Dans cette perspective, ce webinar se propose d’esquisser un panorama des différents logiciels à la disposition du/de la transcripteur/trice. L’objectif de ce webinar est double. Il s’agit d’une part de proposer une synthèse des principaux outils existants et des caractéristiques techniques principales de chacun d’entre eux. 24 logiciels seront ainsi abordés. Le premier objectif de ce webinar est ainsi d’aider à s’y retrouver face à une offre pléthorique en la matière. D’autre part, ce webinar propose neuf critères simples permettant de choisir le logiciel le plus adapté aux besoins de sa recherche, à ses compétences et à son corpus. Entre le manuel de méthodes généraliste et le tutoriel d’utilisation de tel ou tel outil, il existe encore trop souvent une sorte de ressource intermédiaire manquante. Ce webinar se veut précisément une contribution pour répondre à ce manque ressenti par nombre de collègues ingénieurs et chercheurs.


Les précisions techniques pour se connecter au webinar seront communiquées sur le site du réseau MATE-SHS.


Vidéo disponibles en téléchargement :

Sonal par Alex Alber (juin 2016)

Atlas-ti et NVivo, 2 exemples de CAQDAS par Annie-Claude Salomon et Stéphanie Abrial (mars 2017)

L@ME : un logiciel libre d’analyse et de traitement de messages électroniques par son développeur, Frédéric Vergnaud (juin 2017)

Analyse des questions ouvertes d’un questionnaire par Bénédicte Garnier et France Guérin-Pace (octobre 2017)

MAGRIT, logiciel libre de cartographie accessible via un navigateur web, par Mathieu Viry (novembre 2017)

GEPHI par Paul Gourdon (janvier 2018)

LimeSurvey par Claudie Beaubineau (mars 2018)

Cartography par Timothée Giraud (avril 2018)

Bientôt en ligne ! Scrapy par Jean-Baptiste Pressac (mai 2018)

Contacts

Benoit Tudoux : benoit.tudoux@univ-tlse2.fr / Viviane Le Hay :  v.le.hay@sciencespobordeaux.fr

 

 

Fiche méthodologique n° 2: La transcription outillée en sciences sociales

Dans la précédente fiche méthodologique (n° 1), il s’agissait de donner à voir les enjeux, conseils et manières de faire concernant la transcription d’entretiens en sciences sociales. J’avais alors abordé dans une première partie les outils – logiciels et matériels – à la disposition du transcripteur pour lui faciliter le travail et réduire le temps consacré par entretien: logiciels de traitement de texte (Libre Office) et de lecture audio, pédaliers de transcription, logiciels de transcription (comme Sonal ou Transcriber), logiciels de reconnaissance vocale (Dragon, Express Scribe, Vocals) ou encore dispositions de clavier alternatives comme Dvorak ou Bépo.

Cette seconde fiche méthodologique est destinée à aller plus loin dans cette voie en se concentrant sur les logiciels de transcription audio/vidéo. Dans cette perspective, vient de paraître un article sur ce sujet dans le Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique. La version online est d’ores et déjà disponible. La version papier sortira au sein du n° 139 en juillet 2018.

Thibaut Rioufreyt, « La transcription outillée en SHS. Un panorama des logiciels de transcription audio/vidéo« , Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, n° 139, Article first published online: April 24, 2018, https://doi.org/10.1177/0759106318762455.

Cet article propose d’esquisser un panorama des principaux logiciels à la disposition du transcripteur permettant de lui faciliter le travail et de garantir la qualité des transcriptions. L’objectif visé est double. Il s’agit d’une part de mettre à disposition une synthèse des outils existants (24 logiciels sont traités) et des caractéristiques techniques principales de chacun d’entre eux. Il existe en effet une offre pléthorique en la matière, au point qu’il est difficile de s’y retrouver pour l’utilisateur lambda. D’autre part, cet article ne propose pas simplement une liste d’outils mais neuf critères simples permettant de choisir le logiciel le plus adapté aux besoins de sa recherche, à son corpus et à ses compétences : rôle de la problématique et de l’objet de recherche, spécificité du terrain, plate-forme sur laquelle fonctionne l’outil, disponibilité du logiciel, mode de représentation des données, articulation des supports, format des données, outils de lecture et de traitement du son, fonctions d’analyse proposées par ces logiciels.


L’accès à l’article en ligne sur le site de l’éditeur (Sage) est payant. Toutefois il est gratuit via le SAGE Humanities and Social sciences package 2017 lequel est disponible notamment pour tous les membres de laboratoires CNRS. Par ailleurs, une version preprint gratuite devrait bientôt être mise à disposition.

 

Avis de parution: « L’enquête et sa fin… », Enquêtes & Ancrages, novembre 2017

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon dernier article paru dans la revue de méthodologie Enquêtes & Ancrages : et disponible sur le site de la revue : http://revue-ancrages.fr/sites/revue-ancrages.fr/files/pdf/ea_rioufreyt_lenquete_et_sa_fin.pdf

 

« L’enquête et sa fin : une réanalyse comparée de deux enquêtes sur des revues partisanes », Enquêtes & Ancrages. Revue scientifique pluridisciplinaire, 2, novembre 2017 [revue en ligne].

Résumé :

Cet article se propose d’interroger la mise à l’épreuve de la réanalyse de données qualitatives, de ses conditions de possibilité, à travers la question peu abordée de l’enquête et de sa fin. D’une part, l’enquête terminée, cela signifie-t-il que le matériau est par là-même « épuisé » lui aussi ? Et si, à l’inverse, les matériaux sont plus riches que ce qu’un chercheur peut en analyser, sont-ils susceptibles d’une multitude d’analyses secondaires au point que leur étude soit proprement infinie ? D’autre part, la réanalyse n’est-elle pas un processus interminable tant elle implique un long travail de contextualisation de l’enquête et d’immersion dans les données ? Mais surtout, en posant de nouvelles questions à un matériau non prévu à cette fin, le risque n’est-il pas l’impossibilité de bénéficier d’un analogue de la saturation des données, i.e. cela même qui permet de terminer l’enquête ? Pour pouvoir répondre à ces questions, cet article se base sur la réanalyse de deux enquêtes qualitatives : la première réalisée par Frédérique Matonti sur La Nouvelle Critique, la seconde menée par Émeric Bréhier sur les revues politiques de la gauche non communiste.

 

Journées annuelles du réseau Mate-SHS, Université de Rouen, 13-14 novembre 2017

Les 13 et 14 novembre 2017, le réseau Mate-shs (Réseau Méthodes Analyses Terrains Enquêtes en SHS) organise ses 4èmes journées annuelles à l’Université de Rouen Normandie.

À cette occasion, les organisateurs du réseau MATE-SHS m’ont fait l’honneur de m’inviter pour intervenir comme conférencier. J’ouvrirai donc la demi-journée consacrée à l’analyse de données qualitatives avec une communication intitulée « Documenter l’analyse des données qualitatives: usages et enjeux ».

Résumé: Parler de la documentation des différentes étapes de la chaîne interprétative par laquelle on passe des matériaux à des résultats, des hypothèses aux thèses, c’est ouvrir la boîte noire de l’analyse. Dans cette perspective, cette communication se propose de revenir sur les enjeux de la documentation analytique en recherche qualitative. Pourquoi s’engager dans un tel travail dont il faut dire le caractère chronophage ? Quelles informations, quelles traces convient-il de garder ? À l’inverse, quand doit-on s’arrêter avant de succomber à la codomanie ? Il s’agira de traiter ces questions en donnant à voir quelques manières de faire et exemples tirés d’enquêtes empiriques réalisées par l’intervenant.

Vous pourrez trouver le programme complet des interventions ainsi que les informations pratiques pour s’inscrire et participer à ces journées ici: http://mate-shs.cnrs.fr/?JA2017&lang=fr

 

Avis de parution: « La réanalyse au service de l’histoire sociale des idées politiques », Recherches qualitatives, 2017

J’ai le plaisir de vous annoncer la publication de mon dernier article « La réanalyse au service de l’histoire sociale des idées politiques. Retour d’enquête sur deux revues de parti : La Revue socialiste et La Nouvelle Critique » paru dans la revue québecoise Recherches qualitatives en juin 2017. Fruit d’une enquête menée dans le cadre de l’ANR réAnalyse, cet article s’insère dans le numéro hors-série n° 21 « La réanalyse des enquêtes qualitatives à l’épreuve de l’expérimentation » coordonné par Sophie Duchesne. Vous y trouverez ainsi les restitutions d’expériences de réanalyse menées par des collègues sur différentes enquêtes, terrains et objets et selon différentes approches méthodologiques et techniques.

 

Résumé

Cet article interroge les apports de la réanalyse à l’histoire sociale des idées politiques en montrant ce que la réanalyse des entretiens réalisés respectivement par Émeric Bréhier et Frédérique Matonti apporte à l’étude des revues intellectuelles en milieu partisan. En tant que réutilisation de données d’autres chercheurs, elle permet d’une part de compléter les archives écrites par les sources orales et, d’autre part, de donner un accès – indirect mais réel – à des terrains inaccessibles ou disparus. En tant que nouvelle analyse cette fois, elle permet d’interroger les mêmes matériaux à partir de nouvelles questions de recherche, d’exploiter des sources orales peu, voire jamais utilisées ou encore de prendre en compte l’effet enquêteur dans le contexte de l’enquête.


L’article est téléchargeable en intégralité et gratuitement sur le site Internet de la revue Recherches qualitativeshttp://www.recherche-qualitative.qc.ca/documents/files/revue/hors_serie/HS-21/rq-hs21-t-rioufreyt.pdf Il en est de même de l’ensemble du numéro ici: http://www.recherche-qualitative.qc.ca/revue/les-collections/hors-serie-les-actes/

Intervention au séminaire Étudier les partis politiques, Paris 1, CESSP, 25 janvier 2017

À l’occasion de la sortie de mon ouvrage Les socialistes face à la « Troisième voie » britannique. Vers un social-libéralisme à la  française (1997-2015) aux Presses universitaires de Grenoble, j’interviens le mercredi 25 janvier pour le présenter au Séminaire Étudier les Partis Politiques (EPP) CESSP – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

 

Dans cette présentation, je reviendrai dans un premier temps sur certains des principaux résultats de l’enquête. Il s’agira ainsi d’expliquer la réception contrariée du néo-travaillisme au sein du milieu socialiste en mettant au jour les contraintes politiques structurelles qui pèsent sur les prises de position socialiste: structuration idéologique. La seconde partie sera davantage méthodologique et portera plus spécifiquement sur les apports de l’analyse cotextuelle à l’étude des idées en milieu partisan: constitution du corpus, analyse du discours, utilisation de CAQDAS, etc.


La séance aura lieu  Mercredi 25 janvier (de 18h à 20h) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 14, Rue Cujas, Salle du CESSP-CRPS (H604). Vous trouverez ci-joint le plan d’accès à la salle: Accès salle CRPS

Avis de parution: « Non dits et écrits. Les ambiguïtés du « socialisme moderne » jospinien face à la « Troisième voie » britannique (1997-2002) », Histoire@politique, n° 30, sept-dec 2016

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon dernier article intitulé « Non dits et écrits. Les ambiguïtés du « socialisme moderne » jospinien face à la « Troisième voie » britannique (1997-2002) » paru dans le n° 30 de la revue Histoire@politique. Politique, culture, société, septembre-décembre 2016.



Résumé

Dès l’émergence de la « troisième voie » au Royaume-Uni, avec l’accession de Tony Blair à la direction du Parti travailliste en 1994, les socialistes français vont se positionner de manière très ambivalente à l’égard de ce référent étranger. Sur la base d’une analyse de discours appliquée aux textes partisans, cet article vise à montrer que ces ambivalences ne sont pas spécifiques au rapport qu’ils entretiennent au néo-travaillisme, mais sont le révélateur des ambiguïtés au cœur de la doctrine socialiste. Et si les textes socialistes semblent hétérogènes, vides ou schizophrènes, ce n’est pas là le signe d’une incapacité théorique des socialistes, mais plutôt l’effet des contraintes structurales du champ politique qui pèsent sur eux.


L’article est disponible gratuitement et en intégralité sur le site Internet de la revue électronique: http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=30&rub=autres-articles&item=105

 

Fiche méthodologique n° 1: La transcription d’entretiens en sciences sociales

Comment transcrire un entretien dans le cadre d’une enquête empirique en sciences sociales ? Comment restituer fidèlement le propos de l’interviewé, la teneur de l’interlocution avec l’intervieweur tout en rendant lisible le résultat final ? Quel degré de finesse dans la restitution convient-il d’adopter ? Voilà autant de questions auxquelles cette fiche méthodologique entend répondre. Celle-ci est construite en six parties.

Une première partie aborde les différents outils – logiciels et matériels – à la disposition du transcripteur pour lui faciliter le travail et réduire le temps consacré par entretien: logiciels de traitement de texte (Libre Office) et de lecture audio, pédaliers de transcription, logiciels de transcription (comme Sonal ou Transcriber), logiciels de reconnaissance vocale (Dragon, Express Scribe, Vocals) ou encore dispositions de clavier alternatives comme Dvorak ou Bépo.

Une seconde partie, très pratico-pratique, vise à répondre à des questions : où dois-je enregistrer mes fichiers sur mon disque dur ? Dans quel format ? Sous quel nom ? Le nommage des fichiers de transcription en particulier révèle, on le verra des enjeux pratiques mais aussi méthodologiques non négligeables.

Une troisième partie vise à présenter les applications concrètes du principe de restitution fidèle de la parole de l’enquêté: doit-on corriger les fautes? Comment rendre compte des hésitations?

Une quatrième partie propose un code typographique qui reprend pour l’essentiel les normes typographiques françaises en vigueur mais en les adaptant à la spécificité de la transcription d’entretien. Comment écrire et utiliser la ponctuation, les parenthèses, les phatiques et onomatopées, les sigles, les majuscules ou encore les guillemets pour restituer ce qui est dit.

Une cinquième partie porte sur la mise en page des transcriptions d’entretiens: insertion d’une notice de présentation du contexte d’entretien, utilisation d’une feuille de style, identification des énonciateurs ou encore insertion de paratextes pour enrichir la compréhension du contexte de l’entretien et donc du sens des énoncés seront ainsi abordées.

Une sixième et dernière partie, enfin, propose quelques réflexions et conseils pratiques sur l’opportunité et la manière de réaliser une seconde version de la transcription, lissée afin d’en faciliter la lecture et l’analyse.


Cette fiche méthodologique est disponible gratuitement et en ligne sur l’archive ouverte HAL-SHS. Pour y accéder, veuillez cliquer sur ce lien: https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01339474/document


Licence Creative Commons
Fiche méthodologique n° 1: La transcription d’entretiens en sciences sociales de Thibaut Rioufreyt est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.thibaut.rioufreyt.fr/2016/06/28/fiche-methodologique-n-1-transcription-dentretiens-sciences-sociales/.

Webinar Mate-SHS: « Alex Alber présente le logiciel SONAL », 6 juin 2016

Le réseau MATE-SHS1 organise un webinar2 lundi 6 juin 2016 de 15h30 à 17h. Alex Alber, Maître de conférences en sociologie à l’Université de Tours et chercheur au laboratoire CITERES, présentera à cette occasion le logiciel SONAL qu’il a développé et qui permet de transcrire, organiser et analyser des données issus d’entretiens. Sonal est un logiciel gratuit (malheureusement pas (encore) open source) qui travaille directement sur les fichiers sons, avec le principe d’un surligneur sur la bande sonore. Après sélection, l’utilisateur peut retranscrire et colorer par thématiques différentes parties de l’entretien. L’ensemble du corpus d’entretiens est ensuite compilé pour aboutir à un « mur d’extraits » qui offre une vision d’ensemble des différentes thématiques. Ce logiciel permet en quelque sorte de voyager facilement au sein de son corpus audio-textuel, et de réécouter ou relire certains passages de manière aisée, car on retrouve les extraits simplement grâce au codage effectué préalablement. Le logiciel permet également d’obtenir des statistiques générales sur tout ou une partie du corpus (durée totale, pourcentage de retranscription, répartition des thématiques, lexicométrie), et de fournir quelques premières statistiques de base (tris à plat). La formation permettra de découvrir les différentes fonctionnalités de ce logiciel libre, et de le prendre en main.

1 MATE-SHS (Méthodes Analyses Terrains Enquêtes en Sciences Humaines et Sociales) est un réseau métier initié et porté par des ingénieur.e.s qui travaillent à la production, au traitement, à l’analyse et à la représentation des données dans la recherche en Sciences Humaines et Sociales (SHS). Pour plus de détails, voir le site des MATE-SHS : http://mate-shs.cnrs.fr/?lang=fr

2 Terme anglais issu de la contraction des mots Web et seminar, que l’on traduit parfois en français par webinaire, désignant un séminaire multimédia et interactif, réunissant des spécialistes, accessible en ligne sur inscription, et que l’on peut suivre, en direct ou en différé, sur le Web, afin de parfaire ses connaissances sur un thème, notamment dans le domaine des technologies de l’information.

Formation « Le marqueur, le ciseau et le tube de colle version 2.0. Formation à deux logiciels d’aide à l’analyse qualitative : Atlas.ti et Sonal », ENS de Lyon, 16 octobre 2015

J’organise un atelier d’initiation à deux logiciels d’aide à l’analyse qualitative intitulée : « Le marqueur, le ciseau et le tube de colle version 2.0. Formation à deux logiciels d’aide à l’analyse qualitative : Atlas.ti et Sonal ». Cette session est organisée dans le cadre des Ateliers des pratiques numériques (APN), co-organisés par par les laboratoires lyonnais suivants : le Centre Max Weber (UMR 5283) / Environnement Ville Société (UMR 5600) / Triangle (UMR 5206), le LARHRA et HiSoMA. L’atelier aura lieu le 16 octobre 2015, de 14h à 18h, en salle R253, à l’ENS de Lyon (site Descartes).

Présentation de l’atelier

Derrière le vocable un peu bizarre de CAQDAS (computer-assisted qualitative data analysis software), existe toute une série de logiciels d’aide à l’analyse qualitative. Encore peu utilisés en France, ces outils peuvent s’avérer extrêmement utiles depuis le traitement des matériaux (la transcription des bandes son) jusqu’à leur analyse (via la création de catégories interprétatives qui peuvent se recouper) en passant par toute une série d’opérations (annotation, création de liens entre les documents, etc.) Cette formation vise moins à apprendre à utiliser tel ou tel logiciel qu’à donner une série d’informations pratiques et surtout de réflexions méthodologiques permettant à ceux qui seraient intéressés d’y voir plus clair avant de se lancer. La première partie de l’atelier sera consacrée à répondre à quelques grandes questions, suivant une réflexion problématique progressive :

  1. Est-ce qu’un CAQDAS est l’outil le plus adapté à la problématique qui est la mienne et au corpus que j’ai construit ? Les logiciels de statistique textuelle (analyse automatique) ou d’analyse par registre (analyse semi-automatique) ne seraient-ils pas plus adaptés ?
  2. Si c’est effectivement le cas, est-ce que cela vaut le coup ? La question ici n’est plus de savoir si cela me servirait mais de mesurer le rapport entre ce que ça peut m’apporter et ce que cela exige de moi. Les CAQDAS sont d’un usage relativement simple, ce d’autant plus qu’ils ont été conçus pour la plupart à partir des pratiques de travail des chercheurs qualitatives, voire par ces derniers eux-mêmes. Il y a néanmoins un coût d’entrée à la fois pratique pour l’apprentissage du logiciel et intellectuel pour penser son usage et se l’approprier.

Une fois ces deux grandes questions liminaires posées, une fois actée la décision de recourir à un CAQDAS, un nouveau problème se pose à l’apprenti-utilisateur : quel logiciel choisir ? Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? Cette étape est malheureusement trop souvent impensée et le choix se fait le plus souvent selon l’opportunité qui se présente ou la facilité avec laquelle on peut se le procurer. Choisir untel plutôt qu’un autre n’est pas anodin. De là deux questions qu’il convient de se
poser :

  1. Quel est l’outil le plus adapté à mes moyens ? Moyens financiers dans la mesure où, parmi les CAQDAS, les logiciels propriétaires sont d’un coût à l’unité relativement élevé, en tout cas trop cher pour bon nombre de précaires. Moyens linguistiques également dans la mesure où, dans certains cas, le tutoriel comme l’interface ne sont pas disponibles en langue française.
  2. Quel est l’outil le plus adapté à mes besoins ? Les CAQDAS forment une grande famille parmi laquelle les logiciels ne font pas tout à fait la même chose, ne reposent pas tout à fait sur la même épistémologie embarquée. À cet égard, il convient de se prémunir contre la présentation commerciale de certains de ces outils qui, étant d’abord des produits à vendre sur un marché concurrentiel, prétendent tout faire et ne pas avoir de préférence méthodologique ou théorique.

Au terme de cette réflexion problématique, la deuxième partie de la formation visera à entrer cette fois dans l’utilisation de deux CAQDAS : Atlas.ti et Sonal. Il ne s’agira pas d’une formation technique pour apprendre à utiliser ces logiciels mais de se faire une idée plus précise de leurs fonctionnalités et de leur application à des questions de recherche. Non pas comment utiliser le logiciel mais comment je pourrais l’utiliser pour répondre à tel problème de terrain ? Sur la base d’exemples tirés d’enquêtes empiriques réalisées ou en cours, il s’agira de montrer l’usage respectif d’Atlas.ti et Sonal pour l’analyse qualitative d’entretiens, sous leur forme transcrite pour le premier,
à partir directement de l’enregistrement sonore pour le second, mais aussi les vertus qu’il y a à combiner dans une même enquête ces logiciels.

Atlas.ti permet de centraliser et de traiter toutes sortes de documents tapuscrits : des notes de terrains, des retranscriptions d’entretiens, des notes de lectures ou de séminaires, des éléments bibliographiques, des récits intermédiaires, des textes de communication, etc. Nous reviendrons sur quatre des vertus principales de ce logiciel dans leur traitement :

  1. coder les extraits de documents, c’est-à-dire leur attribuer des étiquettes liées à des
  2. catégories d’analyse
  3. permettre une gestion et une navigation facile et rapide entre les documents ;
  4. aider à la conceptualisation, à travers la création et la visualisation de liens et de
  5. regroupements entre les codes
  6. annoter ses hypothèses, idées, débuts d’interprétation de apssages à travers la création de mémos

Sur le plan du codage et de la navigation dans les résultats, Sonal s’apparente largement à ce que propose Atlas.ti, à deux exceptions près. D’une part, le travail de codage repose sur des « thématiques » et des « mots clés » et non sur des « codes ». On est donc plus dans une logique d’indexation thématique ou de chapitrage que dans une logique de codage à proprement parler.

D’autre part, la segmentation des matériaux est d’abord pensée pour s’opérer sur la bande sonore plutôt que sur le texte (même s’il est également possible de le faire sur le texte seul). On « découpe » la bande (ou le texte) en « extraits » qui, si on leur associe une thématique, sont représentés par des marqueurs colorés « collés » sur la bande. Un peu comme si l’on utilisait des feutres marqueurs directement sur la bande.