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Ouverture de ContribUniv, Plateforme de démocratie participative de l’ESR

Je relaye une info concernant l’ouverture de la plateforme ContribUniv. L’objectif de cette plateforme participative est de constituer une agora virtuelle afin de construire collectivement un projet de refondation de l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR).

Le dispositif a été conçu de manière à permettre à chacun·e de participer de manière pleine et entière, c’est-à-dire : échanger et débattre autour de points précis, contribuer aux textes existants, faire de nouvelles propositions ou encore voter.

Des textes ont été rédigés à partir d’un travail de synthèse des propositions portées par différents collectifs et instances représentatives de l’ESR depuis des années ainsi que des controverses qui animent la communauté académique sur certaines questions. Ils ne sont là que pour servir de base à la discussion et nous pouvons à loisir les compléter, amender, critiquer et déposer de nouveaux textes.

À l’heure actuelle, un premier thème (« Emploi et recrutement ») est ouvert. Il contient déjà 13 textes. D’autres thèmes ouvriront prochainement. Vous trouverez ci-dessous les liens vers les textes de présentation permettant de mieux comprendre la nature et les modalités de ce projet que je trouve pour ma part enthousiasmant :

Je vous invite pour ma part à diffuser massivement l’information dans vos réseaux respectifs (collègues, ami.e.s, listes de diffusion, instances, réseaux sociaux, etc.) et à vous-même y participer. Le contexte est morose, fait de défaite politique, de précarité accrue, de crise sanitaire, de démerdentiel généralisé. Un outil en lui-même n’a jamais changé les choses. Mais si les collègues, les étudiant.e.s, les citoyen.ne.s s’en emparent, qui sait ? Cela pourra servir de point d’appui pour continuer à nous battre, créer ensemble les contours de l’ESR que nous voulons et éviter de répéter certaines erreurs du passé pour les futures mobilisations.

Alors, on essaye ?

Colloque « Transferts, exports-imports, circulations… », Sciences Po Lille, 19-20 décembre 2019

Ma dernière communication a eu lieu dans le cadre du colloque international « Transferts, exports-imports, circulations. Quels paradigmes pour la science politique ? » co-organisé par Cécile Leconte et Guillaume Courty, Lille, Sciences Po Lille, 19-20 décembre 2019.

Vous trouverez ci-dessous un résumé de ma communication ainsi que le lien pour accéder au programme détaillé du colloque.


Saisir les idées en mouvement. Problématique circulatoire et histoire sociale des idées


La première partie de cette communication vise à proposer une historiographie – nécessairement succincte et non exhaustive ici – afin de comprendre le « tournant circulatoire » opéré en sciences sociales à partir de la fin des années 1980. Après avoir abordé les raisons de la fortune de cette thématique (1.1), seront ainsi abordés les différentes théories et approches (transferts culturels en histoire, policy transfer en sociologie de l’action publique, concepts nomades en histoire des sciences, Translation Studies, Connected, Entangled et Shared Histories, histoire croisée, histoire à parts égales, sociologie de la circulation transnationale des biens symboliques), qui ont contribué au tournant circulatoire en SHS (1.2). L’histoire sociale des idées (HSI) a émergé au même moment et les premières enquêtes empiriques s’inscrivant dans le sillage de ce programme de recherche ont porté sur des cas de circulation transnationale (1.3). Loin d’être un simple accident, cette omniprésence de la thématique circulatoire dans ces travaux est à mon sens le révélateur d’une dimension constitutive du programme de recherche même qu’est l’histoire sociale des idées, comme nous le verrons dans la troisième partie.

Dans la seconde partie de cette communication porte sur le fait que l’HSI appréhende la circulation non comme un concept ou un paradigme mais plutôt comme une notion problématique. Au double sens de l’adjectif : dont l’emploi soulève toute une série de difficultés (qui à mon sens n’en invalident pas l’intérêt mais exige quelques précautions) et qui constitue davantage une manière de poser les questions de recherche plutôt qu’une réponse. Nous verrons ainsi d’abord que circulation relève davantage de la notion plutôt que du concept ou du paradigme (2.1), puis nous aborderons les biais et prénotions qui implique d’employer cette notion moyennant certaines précautions dans le discours scientifique (2.2) puis les connotations associées à cette notion dans l’imaginaire socio-politique contemporain (2.3).

Dans la troisième et dernière partie, il s’agira de montrer que l’histoire sociale des idées politiques est circulatoire non pas simplement en ce qu’elle interroge comment les idées se déplacent ou se connectent mais qu’elle part du principe méthodologique que toute idée est le produit d’un déplacement, que toute idéologie, doctrine ou pensée est elle-même le fruit de la connexion d’idées. À cet égard, l’étude de la circulation des idées politiques n’est pas un sous-domaine de l’HSI, qui porterait sur les seuls phénomènes transnationaux, aux côtés d’autres sous-domaines comme l’étude des idées partisanes, des intellectuels ou de l’expertise ; elle est une problématique constitutive de ce programme de recherche.

Après avoir montré en quoi l’HSI constitue une rupture vis-à-vis des « continuités irréfléchies » (auteur-influence-tradition) au cœur de l’histoire des idées traditionnelle (3.1), nous verrons que si l’HSI s’inscrit dans une approche circulatoire, elle le fait sous une forme bien particulière en cherchant à rompre avec le modèle émission/réception et, plus largement, tout modèle binaire (encodage/décodage, émission/réception, importation/exportation…) de la circulation, en soulignant le rôle actif des acteurs, appréhendés comme intermédiaires et médiateurs, dans la circulation des idées (3.2). Une autre manière dont l’HSI a traduit le prisme circulatoire porte cette fois non plus sur les acteurs de la circulation mais sur les circuits et les lieux de la circulation. Elle transpose ainsi deux des outils conceptuels forgés pour penser les parcours de vie des individus pour les appliquer aux idées : la trajectoire et la carrière (3.3). Une autre spécificité de l’HSI est d’interroger également les conditions internes de circulativité des discours. Sans épuiser ici le sujet, on peut en effet faire l’hypothèse que certaines propriétés du contenu et de la forme des idées faciliterait ou rendrait plus difficile leur circulation (3.4). Par ailleurs, l’HSI aborde la circulation comme resignification ; appréhendant celle-ci comme un déplacement de lieu mais également de sens, impliquant tout un travail de traduction entre les espaces socio-discursifs (3.5). Enfin, le prisme circulatoire amène paradoxalement le socio-historien des idées à s’intéresser au moins autant à ce qui ne circule pas, aux pertes, aux échecs, aux impasses. L’HSI fait ainsi sienne les principes méthodologiques d’impartialité et de symétrie énoncés par les sociologues des sciences (3.6).


L’argumentaire scientifique et le programme détaillé de la journée d’étude sont disponibles sur le site de Sciences Po Lille ici : http://www.sciencespo-lille.eu/actualites/colloque-transferts-exports-imports-circulations-quels-paradigmes-pour-la-science

Formation CAQDAS, ANF Quali-SHS, Saint-Pierre-d’Oléron, 6-11 octobre 2019

J’ai eu le grand plaisir de participer en tant que formateur à l’Action Nationale de Formation (ANF) Quali-SHS qui a eu lieu du 6 au 11 octobre 2019 au CAES du CNRS à Saint-Pierre-d’Oléron. Cette ANF était consacrée à la formation à différents outils méthodes d’analyse qualitative en sciences humaines et sociales (pour une présentation détaillée du programme, voir ici).

Dans ce cadre, j’ai animé plus particulièrement une conférence que j’ai donné en binôme avec Stéphanie Abrial visant à faire une présentation introductive de ce que sont les CAQDAS (Computer Assisted Qualitative Data Analysis Software) ainsi qu’un atelier d’initiation à l’analyse qualitative outillée à l’aide de l’un de ces logiciels : RQDA. Vous trouverez donc ci-joint une présentation de chacun de ces modules de formation ainsi que les diaporamas projetés à cette occasion.


Conférence : Que permet de faire un CAQDAS ?

La recherche qualitative en sciences sociales a connu de profondes mutations et innovations, parmi lesquelles l’essor des CAQDAS (Computer-assisted qualitative data analysis software). Si les premiers programmes ont vu le jour dès les années 1980, ces logiciels ont connu véritablement leur essor à partir des années 1990. Derrière le vocable un peu bizarre de CAQDAS, existe toute une série de logiciels d’aide à l’analyse qualitative. L’objet de la conférence est double. Il s’agira d’une part de revenir sur les principaux apports potentiels des CAQDAS depuis le traitement des matériaux jusqu’à leur analyse (via la création de catégories interprétatives qui peuvent se recouper) en passant par toute une série d’opérations (annotation, création de liens entre les documents, etc.). La conférence visera d’autre part à montrer la diversité des usages et stratégies de codage possibles en fonction de l’ancrage méthodologique et disciplinaire du/de la chercheur.e, du type de matériaux et des questions de recherche.

Le diaporama projeté lors de la conférence est disponible en format PDF ici : Diaporama_Conf_CAQDAS_2019_10_08

Pour citer ce document: Stéphanie Abrial & Thibaut Rioufreyt, « Que permet de faire un CAQDAS ? », conférence dans le cadre de l’ANF Quali-SHS, Saint-Pierre-d’Oléron, 8 octobre 2019.


Atelier « Logiciels CAQDAS »

Cet atelier vise à permettre aux stagiaires de pouvoir s’initier à l’usage pratique d’un CAQDAS. Il s’agit en l’occurrence du logiciel open-source RQDA. L’objet est à la fois de découvrir les principales fonctionnalités que l’on retrouve peu ou prou dans les différents CAQDAS et de s’essayer au codage de matériaux afin de voir quel profil de codeur/se vous êtes. L’atelier sera structuré autour de quelques grandes étapes : création d’un projet, import des documents, structuration du corpus via les catégories de fichiers, création de codes, annotation sous forme de mémos, structuration des codes via les catégories de codes, caractérisation sociologique des enquêté.e.s via les cas, etc.

Le diaporama projeté en séance plénière au début de la formation est disponible en format PDF ici : Diaporama_présentation_RQDA

Pour citer ce document: Thibaut Rioufreyt, « Présentation du logiciel RQDA », introduction en séance plénière à l’atelier « Logiciels CAQDAS » dans le cadre de l’ANF Quali-SHS, Saint-Pierre-d’Oléron, 9 octobre 2019.