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Avis de parution: « Un étrange échec… », Savoir/Agir, n° 42, janvier 2018

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution en librairie demain du dernier numéro de la revue Savoir/Agir sur « Les gauches et l’économie » coordonné par Antony Burlaud et Frédéric Lebaron et auquel j’ai contribué.

Thibaut Rioufreyt, « Un étrange échec. La réception contrariée de la « Troisième voie » britannique dans la gauche socialiste française », Savoir/Agir, n° 42, numéro coordonné par Antony Burlaud et Frédéric Lebaron, janvier 2018.

 

Résumé de l’ouvrage

De la présidence Hollande au gouvernement Tsipras, la gauche de gouvernement paraît aujourd’hui incapable – et, sans doute, peu désireuse – d’affronter l’ordre économique établi pour inventer de nouveaux modèles.

En proposant une dizaine de contributions sur les discours et les pratiques économiques des partis de gauche – de l’ancienne LCR au PS, de la Libération à nos jours, de Paris à Athènes – ce dossier rappelle l’inventivité et l’audace économiques des années 1970, évoque les amendements, glissements et retournements de l’ère néolibérale, et s’attarde sur quelques-unes des questions économiques décisives qui, aujourd’hui, se posent à la gauche.

Plutôt que d’invoquer, pour expliquer les choix (et les non-choix) économiques de la gauche, les contraintes anonymes et implacables de l’Économie ou l’individualité faillible de tel ou tel dirigeant particulier, ce numéro s’efforce de relier ces choix à certaines conditions de possibilité proprement sociologiques : l’état de la concurrence politique ; la structure de l’expertise et les formes de l’autorité économique ; la nature des coalitions qui servent de base sociale aux politiques économiques.

En redonnant à ces variables sociales toute leur place, ce dossier espère favoriser une approche réaliste des politiques économiques et contribuer – pourquoi pas ? – à nourrir la réflexion stratégique et programmatique à gauche.

L’ouvrage est disponible en librairie et sur le site de l’éditeur: http://www.editions-croquant.org/les-collections/product/449-pdf-savoir-agir-n-42

Avis de parution: « Des idées et leurs milieux… », in Vers une histoire sociale des idées politiques, Presses du Septentrion, 2017

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de ma dernière publication:

« Des idées et leurs milieux. Quel contexte social pour les idées politiques ? », in Chloé Gaboriaux et Arnault Skornicki (dir.), Vers une histoire sociale des idées politiques, Lille, Presses du Septentrion, coll. « Espaces politiques », 27 novembre 2017, 320 p.

Résumé :

Par définition, une idée est immatérielle ; elle a besoin d’une forme (que lui fournit tel ou tel système de signes comme le langage ou l’iconographie), d’un support (par exemple un livre imprimé), de vecteurs (des individus), de collectifs (institutions, classes, réseaux de sociabilité, champs, etc.). Nous n’avons donc pas un accès immédiat aux idées au sens où elles ne se présentent jamais à l’état pur. Elles sont enchâssées, imbriquées dans d’autres entités sans qui nous ne pourrions y avoir accès. Ces entités forment ce qu’on appelle leur contexte. Ce chapitre propose de montrer combien le terme de contexte constitue un puissant signifiant flottant source de malentendus et d’investissements théoriques, disciplinaires et méthodologiques fort différents qui constitue l’une des difficultés pour l’émergence d’une véritable histoire sociale des idées politiques.


Sommaire

Introduction

Chloé Gaboriaux & Arnault Skornicki

Première partie: Héritages

L’histoire des idées politiques entre l’ère du soupçon et l’ère du sujet : les Annales en difficulté

Alain Guéry

Les sciences sociales, Vichy et l’idée de travail : un colloque en 1941

Isabelle Gouarné

Plus qu’un miroir le long du chemin : réflexions sur la littérature, en marge de l’histoire sociale des idées politiques

Sarah Al-Matary

Le « social » dans l’histoire des idées politiques : quelques réflexions à partir du cas italien

Fausto Proietti

Deuxième partie: Quels contextes ?

1. Autour de l’oeuvre de Skinner

Idées, histoire et sciences sociales. Entretien avec Quentin Skinner

Jérémie Barthas & Arnault Skornicki

De Skinner à Weber. Contextualisme et sociologie

Arnault Skornicki

L’histoire sociale des idées politiques peut-elle s’en tenir aux intentions ? Une analyse comparée de l’histoire intellectuelle skinnérienne et de la sociologie des idées bourdieusienne

Mathieu Hauchecorne

La mise en controverse des idées politiques : vers une histoire sociale et pragmatique de la pensée politique ?
David Smadja

La mobilité intellectuelle comme problème herméneutique : vers un modèle de la pensée politique en groupe

Dina Gusejnova

2. Articuler la pluralité des contextes

Des idées et leurs milieux. Quel contexte pour les idées politiques ? Thibaut Rioufreyt

Au-delà de l’opposition entre analyse interne et externe : les approches énonciatives

Loïse Bilat

La langue comme institution sociale : pour une grammaire discursive des concepts. Entretien avec Jacques Guilhaumou

Alexandre Escudier & Chloé Gaboriaux

Troisième partie: Objets, temporalités, sources : le laboratoire démocratique

1. Impensés, rationalités, dispositifs

Historiciser les catégories d’analyse : le cas du genre à l’époque de la Révolution. De l’histoire sociale comme histoire sociologique des idées

Anne Verjus

Étudier les idées en révolution. Questions de méthode

Samuel Hayat

Lire et dire la société : de l’histoire conceptuelle du politique à l’histoire sociale des idées politiques

Chloé Gaboriaux

Itinéraire d’une socio-historienne : les sciences de gouvernement comme idées en action ? Entretien avec Martine Kaluszynski

Chloé Gaboriaux & Jérôme Tournadre

2. Vers une histoire populaire des idées politiques ?

La politique hétérogène du peuple

Déborah Cohen

À la recherche des sans-voix. Sympathisant-e-s socialistes en Oklahoma rural, 1907-1917

Marie Plassart

Avis de parution: « L’enquête et sa fin… », Enquêtes & Ancrages, novembre 2017

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon dernier article paru dans la revue de méthodologie Enquêtes & Ancrages : et disponible sur le site de la revue : http://revue-ancrages.fr/sites/revue-ancrages.fr/files/pdf/ea_rioufreyt_lenquete_et_sa_fin.pdf

 

« L’enquête et sa fin : une réanalyse comparée de deux enquêtes sur des revues partisanes », Enquêtes & Ancrages. Revue scientifique pluridisciplinaire, 2, novembre 2017 [revue en ligne].

Résumé :

Cet article se propose d’interroger la mise à l’épreuve de la réanalyse de données qualitatives, de ses conditions de possibilité, à travers la question peu abordée de l’enquête et de sa fin. D’une part, l’enquête terminée, cela signifie-t-il que le matériau est par là-même « épuisé » lui aussi ? Et si, à l’inverse, les matériaux sont plus riches que ce qu’un chercheur peut en analyser, sont-ils susceptibles d’une multitude d’analyses secondaires au point que leur étude soit proprement infinie ? D’autre part, la réanalyse n’est-elle pas un processus interminable tant elle implique un long travail de contextualisation de l’enquête et d’immersion dans les données ? Mais surtout, en posant de nouvelles questions à un matériau non prévu à cette fin, le risque n’est-il pas l’impossibilité de bénéficier d’un analogue de la saturation des données, i.e. cela même qui permet de terminer l’enquête ? Pour pouvoir répondre à ces questions, cet article se base sur la réanalyse de deux enquêtes qualitatives : la première réalisée par Frédérique Matonti sur La Nouvelle Critique, la seconde menée par Émeric Bréhier sur les revues politiques de la gauche non communiste.