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Colloque « Universitaires et directions partisanes », Saint-Denis, MSH Paris Nord, 14-15 novembre 2019

J’ai le plaisir de vous annoncer la tenue d’un colloque intitulé « Universitaires et directions partisanes : interactions, connexions et circulations contemporaines ». Co-organisé par David Copello et Manuel Cervera-Marzal, il aura lieu les 14-15 novembre 2019 à la Maison des Sciences de l’Homme MSH Paris Nord.

Dans ce cadre, ma communication, intitulée « Mutations sociologiques des élites partisanes et dévaluation de la ressource intellectuelle. Le cas du Parti socialiste des années 1990-2010 » portera sur les ressorts sociologiques présidant à la dévaluation de la ressource intellectuelle dans l’économie générale des pratiques partisanes et les transformations des relations entre universitaires et responsables politiques, à travers le cas du parti socialiste français et, en complément, quelques éléments tirés du cas du Parti travailliste britannique.

Argumentaire scientifique : Universitaires et directions partisanes – Argumentaire colloque

Programme détaillé : Programme_Universitaires et directions partisanes

Accès

  • Lieu du colloque : Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, 20 avenue George Sand 93210 Saint-Denis.
  • Inscription obligatoire avant le 9 novembre 2019 : https://idps.univ-paris13.fr

JE « Démocratie et néolibéralisme », Lyon, ENS de Lyon, 17-18 octobre 2019

Ma dernière communication a eu lieu dans le cadre d’une journée d’étude très stimulante consacrée au thème « Démocratie et néolibéralisme » qui a eu lieu à l’ENS de Lyon les 17-18 octobre 2019. Co-organisée par Nathanaël Colin-Jaeger et Carolina Verlengia, cette journée d’étude a bénéficié du soutien du Laboratoire Triangle, de l’École doctorale ED 487 et du laboratoire junior LEOS.


Destituer les citoyens, contraindre les individus. Le néo-libéralisme contre la démocratie


Cette communication se propose d’interroger les rapports entre néo-libéralisme et démocratie sous deux angles. Dans une première partie, cette communication souhaite montrer que le néo-libéralisme atteint aux conditions mêmes de possibilité de la démocratie. D’une part, il limite le principe et le champ d’application de la souveraineté populaire afin que celle-ci ne puisse remettre en cause l’ordre spontané du marché. D’autre part, il rend la constitution d’un demos beaucoup plus compliqué en ce que le sujet néolibéral est en tension avec la figure du citoyen. Toutefois, le néolibéralisme n’est pas simplement autoritaire en tant que pouvoir destituant consistant à limiter la démocratie par le haut ou à en saper les fondements, par le bas donc, en substituant l’homo œconomicus au citoyen.

La seconde partie de cette communication cherchera ainsi à montrer qu’il est autoritaire par son exercice même du pouvoir étatique, en tant que gouvernementalité contraignant les individus et cherchant à en modeler/orienter le comportement. Dans cette perspective, deux éléments de la gouvernementalité néo-libérale – choisis en tant qu’ils constituent de bons révélateurs d’une forme d’autoritarisme soft – seront abordés : la dimension de contrôle/sanction/désincitation à l’œuvre dans les politiques dites de workfare ou d’activation, mises en place dans le cadre des politiques de l’emploi depuis les années 1980-1990, et les politiques de changement comportemental (behaviour change policies) qui constitue un nouveau champ des politiques publiques depuis les années 2000.


L’argumentaire scientifique et le programme détaillé de la journée d’étude sont disponibles sur le site du laboratoire Triangle ici : http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article8830

Avis de parution: « La mise en politique des idées », Politix, 126 (2), octobre 2019

J’ai le grand plaisir de vous informer de la parution du n° 126 de la revue Politix dont j’ai coordonné le dossier intitulé « La mise en politique des idées » et consacré à l’histoire sociale des idées politiques en milieu partisan.

Vieux projet que j’avais en tête depuis plus de 10 ans, c’est là l’aboutissement d’une réflexion nourrie par mes propres recherches mais aussi des échanges collectifs au sein du groupe HiSoPo.


Présentation

La recherche sur les partis a longtemps accordé une place prépondérante à l’étude de leur doctrine et des débats ou affrontements d’idées en leur sein. Toutefois, à partir des années 1980-1990, elle s’est davantage focalisée sur leur dimension « entrepreneuriale » et/ou organisationnelle avec, en France, une attention particulière accordée à l’étude des propriétés sociales et des pratiques des acteurs partisans. Ce « tournant sociologique » a été fécond, permettant de rompre avec la doxa réduisant la vie politique à la confrontation de visions du monde portées par des organisations partisanes et d’après lesquelles s’orienterait le vote des électeurs. Il a eu néanmoins pour effet un désinvestissement de l’étude des idées partisanes comme objet de recherche. Les différentes contributions réunies dans ce dossier visent précisément à rouvrir ce chantier de recherche en s’intéressant aux idées produites et appropriées en milieu partisan dans la période contemporaine, que ce soit dans les instances officielles de production et de diffusion idéelle du parti en tant que tel (secrétariats nationaux aux idées, revue intellectuelles partisanes, Écoles de parti), de groupements en son sein (clubs para-partisans, revues de courant, etc.) ou à ses marges (clubs, think tanks, fondations politiques, syndicats, Université, etc.). Il s’agit plus précisément d’étudier la mise en politique des idées, c’est-à-dire les processus par lesquels celles-ci sont produites, circulent et/ou sont appropriées en milieu partisan. Qui sont les acteurs produisant les idées partisanes ? Où sont-elles élaborées ou appropriées ? Quels usages les acteurs partisans en font ? Quelle valeur est accordée au débat doctrinal et à la production intellectuelle et quelles formes d’intellectualité sont valorisées dans l’économie générale des pratiques partisanes ? Quels sont les processus concrets par lesquels les acteurs partisans élaborent des idées dans le parti et/ou traduisent en son sein des idées produites en dehors ? Voilà autant de questions aussi simples que fondamentales auxquelles les contributions réunies dans ce dossier entendent répondre, ouvrant ainsi la boîte noire de la fabrique idéelle en milieu partisan.


Contributions

  • Thibaut Rioufreyt, « La mise en politique des idées. Pour une histoire sociale des idées en milieu partisan », pp. 7-35.

  • Nicolas Azam, « Entre « croyance économique«  et contrainte partisane. Genèse et structuration de la section économique du PCF (1947-1961) », pp. 37-60.

  • Clémentine Fauconnier, « La mise en politique sans la mise en parti ? Le Centre de la politique sociale conservatrice comme entreprise doctrinale », pp. 61-83.

  • Mathieu Fulla, « Le parti, l’expert et les théories économiques. Le cas du Parti socialiste d’Épinay (1971-1981) », pp. 85-109.

  • Cécile Leconte, « La carrière militante du « grand remplacement«  au sein du milieu partisan de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) », pp. 111-134.

  • Rafaël Cos, « La carrière de « la sécurité«  en milieu socialiste (1993-2012). Sociologie d’une conversion partisane », pp. 135-161.


L’intégralité du dossier et du numéro (varias compris) est accessible gratuitement depuis le portail CAIRN via les abonnements institutionnels : https://www.cairn.info/revue-politix-2019-2.htm

Avis de parution « L’outil et la méthode… », 143 (1), BMS, juillet 2019

J’ai l’honneur et le plaisir de vous annoncer la parution du numéro que j’ai coordonné sur les usages des CAQDAS dans le n° 143 du Bulletin de méthodologie sociologique (BMS).

L’outil et la méthode. Des fonctionnalités techniques des CAQDAS à leurs usages méthodologiques

Entre l’outil et la méthode, entre le tutoriel et le manuel de méthodes, se trouve comme une case manquante : l’étude des usages concrets que les chercheur.e.s font des logiciels d’aide à l’analyse qualitative (CAQDAS). Les contributions réunies dans ce numéro proposent d’ouvrir cette boı̂te noire de l’analyse en revenant sur différents usages de ces outils dans le cadre d’enquêtes sur des objets aussi variés que la médecine légale, la dimension sexuée du traitement pénal, le comportement politique des électeurs états-unien, la place des intellectuels dans les partis ou l’impact de la crise et de l’européanisation sur les régions sociales-démocrates. Plutôt qu’une présentation des fonctionnalités offertes par ces logiciels, il s’agira de saisir les stratégies de codage déployées par les auteur.e.s et les traditions d’analyse dans lesquelles ils/elles s’inscrivent mais aussi les effets de ce type de logiciels sur les pratiques de recherche.


Sommaire du dossier

Thibaut Rioufreyt: « Introduction », pp. 7-27.

Luis Antonio Vila-Henninger, « Turning Talk into “Rationales”: Using the Extended Case Method for the Coding and Analysis of Semi-Structured Interview Data in ATLAS.ti », pp. 28-52.

Kathia Barbier & Romain Juston, « Équiper le processus de recherche. Retours réflexifs comparés sur l’usage d’Atlas.ti et de Sonal dans deux recherches doctorales », pp. 53-76.

Thibaut Rioufreyt, « Réanalyser des enquêtes qualitatives à l’aide de CAQDAS », pp. 77-106.


Vous trouverez plus de détails sur l’ensemble du n° 143 sur le site de l’éditeur de la revue, Sage (ici). L’accès à l’article en ligne sur ce site est payant. Toutefois il est gratuit via le SAGE Humanities and Social sciences package 2018 lequel est disponible notamment pour tous les membres de laboratoires CNRS.

 

Ateliers CAQDAS et plan de gestion de données, Lausanne, Festival des méthodes, 9-10 septembre 2019

J’ai le plaisir de vous annoncer que j’anime deux ateliers de méthodes à l’occasion de la 7ème édition du Festival suisses des méthodes qualitatives « Open data et recherche qualitative ». Cet événement, organisé par le FORS, le centre de compétences suisse en sciences sociales, et l’UNIL (Université de Lausanne), aura lieu les 9-10 septembre 2019 à Lausanne.


PRÉSENTATION DES ATELIERS

Atelier 3 : Gérer, annoter et coder ses matériaux avec un CAQDAS. Initiation à l’analyse qualitative outillé à travers l’utilisation d’Atlas.ti

UNIL, Bâtiment Géopolis, Salle 2137, Lundi 9 septembre 2019, 9h30-12h30

Derrière le vocable un peu bizarre de CAQDAS (Computer-assisted qualitative data analysis software), existe toute une série de logiciels d’aide à l’analyse qualitative. Encore peu utilisés en France, ces outils peuvent s’avérer extrêmement utiles pour l’analyse des matériaux. Cet atelier sera ainsi consacré aux différentes fonctionnalités qu’ils proposent et aux usages que l’on peut en faire à travers l’utilisation d’un CAQDAS (Atlas.ti) : 1) coder les extraits de documents, c’est-à-dire leur attribuer des étiquettes liées à des catégories d’analyse, 2) permettre une gestion et une navigation facile et rapide entre les documents, 3) aider à la conceptualisation, à travers la création et la visualisation de liens et de regroupements entre les codes, 4) annoter les documents (pour inscrire ses hypothèses, idées, débuts d’interprétation de passages) à travers la création de commentaires et de mémos, 5) documenter chacune des étapes d’interprétation (grâce aux mémos, aux commentaires et au journal d’enquête intégré dans le projet).


Atelier 6 : Planifier la gestion des « données » de son enquête. Enjeux, usages et conseils

UNIL, Bâtiment Géopolis, Salle 2129, Mardi 10 septembre 2019, 9h30-12h30

Ce atelier vise à revenir sur les enjeux et manières de faire autour de la gestion des données de la recherche (matériaux collectés ou produits, documents d’analyse, de méthode, bases de données, etc.). Si cette question a toujours été aussi importante que négligée, elle a connu une actualité nouvelle avec le fait que nombre de financements institutionnels sont désormais conditionnés à l’élaboration d’un plan de gestion de données (PGD), plus souvent connu sous l’acronyme anglophone DMP pour Data Management Plan. Il s’agit d’un document évolutif destiné à aider le(s) chercheur.e(s) à définir un plan pour gérer les données utilisées et générées dans le cadre de son/leur enquête. Dans ce contexte, cet atelier vise moins à prescrire des « bonnes pratiques » qu’à appréhender ces injonctions institutionnelles comme l’occasion de penser et planifier ce maillon important de l’enquête en science sociale qu’est la gestion des données. Il s’agira ainsi d’aborder cinq grandes questions afin d’aider les chercheur.e.s à trouver leurs propres réponses :

  • la description des matériaux empiriques collectés et/ou produits,

  • les standards, formats et méthodologies appliqués sur le corpus de matériaux,

  • les questions d’ordre éthique, de propriété intellectuelle et de restrictions,

  • les prévisions pour le partage et l’ouverture des données,

  • la stratégie de préservation à long-terme des documents d’enquête (archivage).

Aider à s’y retrouver dans son corpus documentaire, assurer la continuité d’un projet lorsque des membres le quittent et d’autres arrivent, réfléchir à la sécurisation de ses données, à l’occasion de leur stockage ou de leur transfert, prendre en compte la législation et les règlements en matière de protection des données personnelles, voici quelques-unes des vertus qu’il y a à réfléchir à la manière de gérer les documents produits au cours de son enquête.


PROGRAMME GÉNÉRAL

Vous trouverez ci-dessous:

Pour plus d’informations et les détails sur les inscriptions, voir le site de l’UNIL ici: https://agenda.unil.ch/display/1566465462008

Formation « Planifier la gestion des « données » de son enquête », TAN, Lyon, Triangle, 4 avril 2019

La prochaine formation que je donne aura lieu le 4 avril 2019 dans le cadre des ateliers TAN (Triangle Humanités numériques) en partenariat avec le réseau local Mate-SHS Lyon-Saint-Étienne.

Planifier la gestion des « données » de son enquête.

Enjeux et conseils

Cette séance de formation et d’échange vise à revenir sur les enjeux et manières de faire autour de la gestion des données de la recherche (matériaux collectés ou produits, documents d’analyse, de méthode, bases de données, etc.). Si cette question a toujours été aussi importante que négligée, elle a connu une actualité nouvelle avec le fait que nombre de financements institutionnels sont désormais conditionnés à l’élaboration d’un plan de gestion de données (PGD), plus souvent connu sous l’acronyme anglophone DMP pour Data Management Plan. Il s’agit d’un document évolutif destiné à aider le(s) chercheur.e(s) à définir un plan pour gérer les données utilisées et générées dans le cadre de son/leur enquête. Dans ce contexte, cette formation vise moins à prescrire des « bonnes pratiques » qu’à appréhender ces injonctions institutionnelles comme l’occasion de penser et planifier ce maillon important de l’enquête en science sociale qu’est la gestion des données. Il s’agira ainsi d’aborder cinq grandes questions afin d’aider les chercheur.e.s à trouver leurs propres réponses :

  • la description des matériaux empiriques collectés et/ou produits,
  • les standards, formats et méthodologies appliqués sur le corpus de matériaux,
  • les questions d’ordre éthique, de propriété intellectuelle et de restrictions,
  • les prévisions pour le partage et l’ouverture des données,
  • la stratégie de préservation à long-terme des documents d’enquête (archivage).

Aider à s’y retrouver dans son corpus documentaire, assurer la continuité d’un projet lorsque des membres le quittent et d’autres arrivent, réfléchir à la sécurisation de ses données, à l’occasion de leur stockage ou de leur transfert, prendre en compte la législation et les règlements en matière de protection des données personnelles, voici quelques-unes des vertus qu’il y a à réfléchir à la manière de gérer les documents produits au cours de son enquête.

Informations pratiques

La séance aura lieu dans les locaux du laboratoire Triangle, sur le campus de l’École normale supérieure de Lyon le 4 avril 2019, de 9h30 à 12h30 en salle D4.260. Si vous souhaitez participer, merci de l’indiquer par email à Séverine Gedzelman.

Pour plus de détails sur les TAN (Triangle Ateliers Numériques), voir la page dédiée sur le site du laboratoire Triangle ici : http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?rubrique798

Formation « Annoter son corpus, documenter son analyse… », Séminaire « Initiation aux humanités numériques »/Projet ANR FFL, ENS de Lyon, 29 mars 2019

La prochaine formation que je donne aura lieu dans le cadre du Séminaire « Initiation aux humanités numériques » du projet ANR FFL (Foucault Fiches de lecture).

Annoter son corpus, documenter son analyse.

Outils logiciels et méthodes d’analyse

Présentation de la séance

Cette séance se propose de remplir un double objectif. Il s’agit d’abord de présenter certaines fonctionnalités (mémos, commentaires, vues réseau, modes de classement, etc.) implémentées dans quelques-uns des outils d’annotation existants, susceptibles d’être utiles pour l’analyse du corpus dans le cadre du projet Foucault Fiches de Lecture (FFL). Deux familles logicielles seront abordées plus avant ici : les logiciels d’aide à l’analyse qualitative (CAQDAS) et les logiciels d’annotation de corpus linguistiques. D’autre part, il s’agira de voir les usages possibles de ces fonctionnalités selon les questions de recherche, le type de matériaux et la méthode d’analyse retenu.e.s, plus encore dans le cadre d’une recherche collective, sur la base d’enquêtes réalisées ou en cours et d’expériences de formation auprès d’autres équipes ANR ou ERC. Tout l’enjeu sera ainsi de donner à voir des outils, manières de faire et méthodes existantes et pratiquées par d’autres chercheur.e.s et équipes afin de permettre à l’équipe du projet FFL de pouvoir faire de manière réflexive les choix techniques les plus adaptés à ses besoins.

Informations pratiques

La séance aura lieu à l’École normale supérieure (ENS) de Lyon le 29 mars 2019, de 14hà 16h en salle D2.115.

Pour plus de détails sur le séminaire « Initiation aux humanités numérique » lié au projet ANR Foucault Fiches de lecture, voir la page dédiée sur le site du laboratoire Triangle ici : http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?rubrique758

Journée de réflexion Éthique de la recherche, Genève, UNIGE, 26 février 2019

Ma dernière intervention a eu lieu dans le cadre de « Journée de réflexion 2019 : l’éthique (en) pratique. Enjeux éthiques autour de la production et la gestion des données en sciences sociales » organisée par par la commission d’éthique de la recherche de la Faculté des sciences de la société. À l’invitation de celle-ci, j’ai fait une conférence introductive à cette journée dont voici la présentation :

Les enjeux éthiques du « tournant numérique » des sciences sociales. Critiquer et s’approprier les outils pour la production et la gestion des données

La révolution numérique impacte désormais les sciences sociales sous de multiples aspects. Elle ouvre à l’investigation de nouveaux terrains (réseaux socio-numériques, forums et groupes de discussion web, Fab-Lab…) et objets d’étude (makers, cyberhacktivistes, participation politique online, etc.). Elle offre dans le même temps l’accès à de nouveaux types de « données » (corpus web) dans des volumes inédits (Big Data). Elle a également des effets sur les sciences sociales à travers l’émergence de nouveaux outils et/ou méthodes d’analyse (data mining, analyse de réseaux, cartographie, modélisation de systèmes complexes, simulation, etc.). Certains auteurs diagnostiquent ou appellent de leurs vœux l’émergence de sciences sociales numériques. Toutefois, la littérature sur le sujet tend souvent à minimiser, voire ignorer, un autre aspect du tournant numérique des sciences sociales, beaucoup plus basique et terre-à-terre et pourtant fondamental. Un aspect qui concerne l’ensemble des chercheur.e.s, qu’ils travaillent ou non sur les corpus web ou les Big Data, qu’ils se revendiquent ou non des Digital Social Sciences ou des Humanités numériques, qu’ils soient qualitativistes ou quantitativistes. Il s’agit des outils de base que chacun.e de nous utilise pour la production et la gestion des données : dictaphones numériques ou smartphones utilisés pour enregistrer des entretiens ou des séances d’observation, logiciels de bureautique, bases de données, espaces de stockage en ligne comme Dropbox ou Google Drive où l’on met ses données, messageries comme Gmail ou Outlook par lesquelles on envoie des messages à nos enquêtés, aux membres de l’équipe de recherche, repositories où l’on dépose nos enquêtes en vue de leur partage et/ou de leur archivage, etc. Or, l’utilisation de ces outils – conçus pour l’essentiel par des entreprises privées, dont les GAFAM – soulève toute une série de questions concernant à la fois la protection des données personnelles, la pérennité des données de la recherche, le partage des productions scientifiques et l’autonomie de la science. Cette communication se propose plus particulièrement d’analyser les enjeux et défis éthiques (et politiques) soulevés par l’utilisation de ces outils à chaque étape de la vie des documents d’enquête, depuis leur production jusqu’à leur partage en passant par leur traitement numérique et l’élaboration du plan de gestion des données.


Le diaporama de présentation est disponible sur le site de la Faculté des sciences de la société de l’Université de Genève ici : https://www.unige.ch/sciences-societe/files/4615/5290/1038/Diaporama_Unige_Rioufreyt_CCBYNCND.pdf

Vous pouvez également écouter sur ce même site l’enregistrement audio de cette conférence ainsi que de celle de Pablo Diaz (Chargé de recherche, Fondation suisse pour la recherche en sciences sociales, Université de Lausanne) sur l’éthique à l’ère de l’open research data qui a eu lieu juste après, ici : https://www.unige.ch/sciences-societe/faculte/organisation/commissions-de-la-faculte/commission-dethique/journee-de-reflexion-2019-lethique-en-pratique/

Ces deux conférences ont été suivies d’ateliers de présentation de quatre communications qui traitent d’un ou plusieurs aspects des questions éthiques et déontologique dans la recherche.

JE du réseau MATE-SHS, « Transmission des connaissances et des savoir-faire », Lyon, 3-4 décembre 2018

J’ai le plaisir de vous faire part de la communication que j’ai faite dans le cadre des 5èmes journées annuelles du réseau MATE-SHS (Méthodes Analyse Terrains Enquêtes en Sciences humaines et sociales) sur la « Transmission des connaissances et des savoir-faire » et qui ont eu lieu les 3-4 décembre 2018 à la Maison des Sciences de l’Homme Lyon Saint-Étienne.

Entre l’outil et la méthode. Retours d’expérience d’un formateur aux logiciels d’aide à l’analyse qualitative

Cette intervention se propose de revenir sur l’un des enjeux de la transmission pédagogique soulevés par la formation aux outils de traitement des données qualitatives (anonymisation, transcription) et/ou d’aide à l’analyse qualitative (CAQDAS). Comment trouver le juste milieu entre la formation clique-bouton et le discours de la méthode un peu généraliste, entre l’aide à la prise en main des fonctionnalités de logiciels et la sensibilisation aux enjeux méthodologiques ? Plutôt que des réponses définitives ou, pire, des « bonnes pratiques », il s’agira ici de donner à voir comment j’ai essayé de mettre en pratique ce nécessaire aller-retour entre opérationnalité et réflexivité. Je reviendrai en particulier sur l’intérêt de centrer les formations sur l’étude des usages – aussi bien ceux des collègues en formation que ceux de chercheur.e.s ayant déjà utilisé ces outils. Seront également abordés quelques trucs et astuces qui peuvent s’avérer utiles comme la passation d’un court questionnaire sur les compétences et les usages du public visé, la mise à disposition de ressources complémentaires sur un site web personnel ou la réutilisation de données qualitatives issues d’enquêtes d’autres chercheur.e.s que j’ai réanalysées. Pour cela, je m’appuierai sur divers exemples issus de mon expérience de formateur à ces logiciels auprès d’équipes ANR ou ERC, lors de séminaires de méthodes, d’un webinar ou bien dans le cadre de formations doctorales, en France et à l’étranger.


La vidéo de cette communication est disponible sur le site de 25 Images SHS ici : http://25images.msh-lse.fr/ja-mate-shs-dec2018/video/thibaut-rioufreyt-docteur-en-science-politique-chercheur-associe-triangle/fr. Merci à Christian Dury pour l’ensemble du travail de tournage et montage des interventions des deux journées.

Vous trouverez également en PJ le programme détaillé des deux journées : MATESHS_20181203_JE_Transmission_Programme

Formation « Voir le son et coder le texte », Atelier méthodes, Bordeaux, Centre Émile Durkheim, 10 décembre 2018

J’ai le plaisir de vous annoncer que je donnerai une formation d’initiation à des logiciels d’aide à l’analyse qualitative (plus connus sous l’acronyme anglo-saxon CAQDAS) dans le cadre de l’Atelier Méthodes du Centre Émile Durkheim. La formation est à destination des doctorant.e.s, ingénieur.e.s, chercheur.e.s et enseignants-chercheur.e.s du laboratoire ; elle est cependant ouverte aux collègues d’autres établissements et laboratoires bordelais. D’une durée de 6 heures, elle aura lieu dans les locaux du CED sur le campus de Sciences Po Bordeaux à Pessac le 10 décembre 2018.

Voir le son et coder le texte : Sonal et Atlas.ti

Atelier méthodes du Centre Émile Durkheim, Sciences Po Bordeaux, 10 décembre 2018

 

Présentation de la formation

Derrière le vocable un peu bizarre de CAQDAS (Computer-Assisted Qualitative Data Analysis Software), existe toute une série de logiciels d’aide à l’analyse qualitative. Encore peu utilisés en France, ces outils peuvent s’avérer extrêmement utiles depuis le traitement des matériaux (la transcription des bandes son) jusqu’à leur analyse (via la création de catégories interprétatives qui peuvent se recouper) en passant par toute une série d’opérations (annotation, création de liens entre les documents, etc.). Dans cette perspective, cet atelier de formation propose de découvrir deux de ces logiciels : Sonal et Atlas.ti. Il s’agira moins d’une formation technique « clique-bouton » que de permettre aux participants de se faire une idée plus précise des fonctionnalités de ces outils et de leur application à des questions de recherche. Non pas comment utiliser ce type de logiciels mais comment je pourrais l’utiliser pour analyser mon objet ? Sur la base d’exemples tirés d’enquêtes empiriques réalisées ou en cours, il s’agira de montrer l’usage respectif de Sonal et d’Atlas.ti pour l’analyse qualitative d’entretiens, à partir directement de l’enregistrement sonore pour le premier, sous leur forme transcrite pour le second, mais aussi les vertus qu’il y a à combiner les deux dans une même enquête.


Inscriptions

Si vous êtes intéressé.e pour suivre cette formation, vous trouverez plus de détails sur les inscriptions sur le site du Centre Émile Durkheim ici : https://durkheim.u-bordeaux.fr/Agenda/atelier-Methodes6